Comme il vaut mieux parler de ce que l’on connait, une petite année d’expérimentation aura été nécessaire avant de s’atteler à la rédaction de ce qui va suivre.

J’ai nommé :

Non non, rien à voir ! Le Coresyca (ou « CoRèSyCa ») correspond à l’acronyme suivant :

Consignes, gles, Systèmes, Capacités

Appliqué aux Jeux en Grandeur Nature (GN), le principe semble avoir résonné d’un écho favorable auprès des esprits les plus attentifs à ses subtilités. Pour les quelques autres, nous reviendrons en détails et en explications sur le Coresyca en compagnie de nos invités de marque, j’ai nommé les trois cousins :

Vous le verrez par vous-même : Troll trolle, Buté fait rarement marche arrière, et Tranché ne mourra pas étouffé par la demi-mesure. Quoique tous les trois se soient fait assez rares cette année, il paraît nécessaire de leur donner la parole dans cet article afin de rendre justice à leurs pensées autant qu’à leurs propos.

Maintenant que les présentations sont faîtes, venons-en au cœur du sujet :

Qu’est-ce que le Coresyca, et surtout, à quoi est-il utile dans le cadre d’un GN ?

Lorsque j’ai commencé à m’adonner aux GN, les « Règles » se résumaient souvent à la lecture de deux livrets distincts : celui des règles de sécurité, et celui des règles du jeu.

Le Coresyca décrit une appréciation plus fine de ces deux ensembles, et se divise en quatre catégories : les Consignes de Sécurité et de Bienséance, les gles du Jeu, les Systèmes de Jeu, et les Capacités de Personnages.

Avant d’en arriver à penser les « Règles » en « Coresyca », il a fallu partir d’une l’évidence : les PJ ne lisent presque pas – ou ne lisent presque plus – les règles du jeu. Parfois, cela déteint même sur les règles de sécurité !

Pour le problème des règles du jeu : certes. Mais objection totale pour tout le reste. J’y reviendrai peut-être, à l’occasion, dans un prochain article.

En attendant, il est vrai que les règles du jeu ne sont pas toujours lues. Ce sera là sans doute notre seul point d’accord dans cette discussion, monsieur Troll.

La vraie question qu’il fallait se poser était : « Pourquoi les gens ne lisent pas les règles ? ». Deux réponses fusent principalement : d’abord par manque de temps, et ensuite par manque d’enthousiasme à l’idée d’intégrer quinze annonces de coups spéciaux, dont celle de « mort de masse » qui, comme bien d’autres annonces de la liste, ne sera jamais utilisée en jeu.

Nécessairement, la filouterie de monsieur Troll a beau être exacte dans l’absolu, elle n’est pas satisfaisante pour autant. D’après observation de ces réponses, on ne peut en déduire qu’il faut mettre fin aux règles du jeu, ni même qu’elles seraient inutiles. Certains jeux usent d’une très grande quantité de règles différentes, parfois denses, et fonctionnent parfaitement dans cette configuration.

Après avoir répondu à la question du « Pourquoi », une autre question s’impose donc : « quelle sont les conséquences pour les participant(e)s qui ne lisent pas les règles d’un GN ? »

Erreur, monsieur Troll : si certain(e)s savent profiter des règles pour mieux tricher, d’autres, au contraire, en ne lisant pas une seule ligne des règles d’un jeu… passent tout de même un excellent GN, tant pour eux qu’envers les autres participant(e)s. Tout aussi excellent que si ces mêmes personnes avaient lu les règles.

M’affirmerez-vous le contraire ?

C’est d’après cette conclusion qu’est venue l’idée folle de penser qu’on pouvait se passer de règles du jeu, et cela même dans un jeu proposant des combats, des vols, ou encore des assassinats.

Tu as raison. Il faut donc élargir le champ des possibles, éviter d’imposer un carcan dans un sens comme dans l’autre, et proposer ainsi des règles du jeu qui soient optionnelles. De ce fait, il y aurait les gles, communes à chaque participant(e)s, lesquelles seraient obligatoires. Et puis, il y aurait des règles optionnelles, qu’on pourrait choisir d’apprendre et de suivre afin de se créer davantage de jeu… ou de ne pas suivre, et cela sans que ça nuise au jeu des autres participant(e)s.

De la considération de cette seconde catégorie sont nés les « Systèmes » du Coresyca, c’est-à-dire la présence de règles optionnelles adjointes aux règles obligatoires.

Et pourtant, cela a fonctionné. Parole, monsieur Buté : je ne prendrai que l’exemple qui fut le nôtre : l’organisation en 2017 du GN Sunthesis Expérience « Seconde Epoque ». Un GN d’ambiance Alternative Belle Epoque mêlant orques et orcs, lutinoïdes et humain(e)s, façon « garden party au château », supposant a priori peu, voire pas de combats – à moins de tomber sur une arme à feu et de vouloir s’en servir.

Sur deux GN, monsieur Buté ! Il y eu en effet deux sessions de ce même jeu, et cela coup sur coup.

J’aurais donné mille fois raison à cet argument, monsieur Buté, si 40% des participant(e)s de cette année n’étaient pas des nouvelles et nouveaux PJ qui n’avaient jamais participé à aucun des jeux proposés par notre association.

Non, non, je vous assure messieurs : mettez en confiance vos participant(e)s, faîtes-leur confiance, montrez-leur sincèrement combien vous les pré-supposez fair-play plutôt que tricheuses et tricheurs, donnez l’exemple au besoin, restez attentifs à ce qu’ils font et proposent, et vous verrez : la machine ira d’elle-même dans une bonne direction.

Pas plus, monsieur Troll, que je ne suis à l’abri de tomber sur ce genre de personnes là où il y aura plus de vingt pages de règles très précises à retenir.

Et puis, d’abord : pas de règles, pas de triche possible.

Tu n’as pas tort. C’est donc ici que doit apparaître la catégorie manquante à notre Coresyca : les Capacités.

Les Capacités sont ici des aptitudes connues seules des orgas et des PJ qui les possèdent. Autrement dit, ne peuvent rentrer dans le champ des Capacités que des aptitudes, compétences, dons innés, bonus divers et variés, qui peuvent être joués et dont les effets peuvent être appliqués sans qu’il y ait besoin que les autres PJ en connaissent les règles ni même l’existence.

Prenons un exemple de ce qui serait une capacité, et de ce qui n’en serait pas une.

Sur Sunthesis Expérience « Seconde Epoque » existait, pour certains personnages, une compétence de type « Enquête », laquelle servait à obtenir des indices plus rapidement sur un sujet donné. Son fonctionnement ? Il suffisait d’aller voir jusqu’à 1 fois par jour un(e) orga, de lui demander des informations sur un(e) autre PJ, sur un lieu, sur un événement, voire sur un objet, et l’orga donnait des indications à ce(tte) PJ.

Dans ce cas de figure, il s’agit bel et bien, d’après le Coresyca, d’une Capacité : celle-ci se suffit à elle-même, et les autre PJ n’ont pas besoin de connaître la règle d’utilisation de celle-ci et, même, n’ont pas besoin d’avoir conscience de son existence.

A l’inverse, un sortilège de « Souffrance Transcendantale » qui peut être lancé sur une cible ennemie 1 fois par jour n’entrerait pas dans la catégorie des Capacités du Coresyca, puisque cela supposerai que la victime de ce sortilège connaisse à l’avance les effets qu’elle doit jouer en réponse à cette annonce. Dans ce cas, « Souffrance Transcendantale » entrerait plutôt dans la catégorie des gles (communes à toutes et à tous), et non dans la catégorie des Capacités telles que définies par notre Coresyca.

Bien essayé, monsieur Troll, mais c’est là un piètre résumé qui ne fait pas honneur au champ des possibles proposé par les Capacités du Coresyca.

Certaines Capacités se passent très bien des autres PJ… ainsi que des orgas ! Pour seuls exemples : donner un code de traduction des langages codés à un(e) PJ en début de jeu lui permet de lire tranquillement, dans son coin, les textes cryptés. De la même manière, donner à un(e) PJ en début de jeu un trousseau de clefs lui permettra d’ouvrir certaines serrures… sans avoir besoin de témoins ou de validation d’orgas.

Ainsi Capacité ne rime pas forcément avec « faire la queue au pc orga ».

Ce serait effectivement de l’enfumage de ma part si ces trois catégories – gles, Systèmes, Capacités – étaient toutes irrémédiablement liées. Autrement dit, je te rejoindrai volontiers, monsieur Troll, si l’on ne pouvait choisir d’en supprimer certaines et pas d’autres.

Et pourtant, accrochez-vous :

Il est possible de proposer un GN sans gles du jeu communes, mais avec des Systèmes et des Capacités.

Il est possible de proposer un GN avec des Systèmes mais pas de Capacités ni de gles. Ou des Capacités mais pas de Système ni de gles. Ou toute autre combinaison de votre choix.

Il est possible, enfin, de proposer un GN sans gle, ni Système, ni Capacité.

Dans le cas de Sunthesis Expérience « Seconde Epoque », le détail du Coresyca aurait donné ceci s’il avait été annoncé de façon publique :

Consignes : Consignes de jeu V1

gles : Pas de règles communes à l’ensemble des participant(e)s

Systèmes : 6 différents > Le jeu de cartes l’Artropp ; > Le manuel de savoir-vivre ; > Le jeu de batte ; > La politique en Bravenne ; > La médecine ; > La simulation de relations sexuelles

Capacités : Volontairement non-renseignées

En conclusion sur ce point : à l’exception des Consignes – que nous n’avons pas encore abordées – toutes les autres catégories du Coresyca peuvent être maintenues ou supprimées durant les choix de conception d’un GN donné.

Le principe de simuler la relation amoureuse par les chaussures résulte effectivement d’un choix totalement optionnel. Chacun(e) peut choisir d’entrer dans le « délire » de la comparaison entre les chaussures et le sexe, et d’y apporter des éléments qui iront dans le sens de ce jeu spécifique (remarques sur le brillant d’une chaussure, apport de brosses, cirages et chiffons, action de lustrer le soulier de ses partenaires, etc.)

Et puis, comme tu l’as si bien souligné, monsieur Troll : d’autres peuvent choisir de faire l’impasse sur ce Système, c’est-à-dire choisir de ne pas s’embêter à vouloir entrer dans le « délire » du sexe version chaussures.

Et donc ?

Qui ne se soumet pas au Système optionnel redeviendrait-il un animal plutôt qu’un être civilisé ?

Le Système propose une règle de jeu. Optionnelle, certes : mais rien de plus qu’une règle de jeu. Or, au-delà de la règle se cache une réalité qui sort du jeu et qui touche à un principe de sécurité émotionnelle, mais aussi physique – si tu es trop entreprenant.

Si tu ne souhaites pas suivre les codes optionnels de simulation du sexe par les chaussures, que te reste-t-il pour simuler le sexe ? Des propos ? Des gestes déplacés ?

Rien de tout cela : il te reste ton rapport à l’autre dans la réalité – puisque, justement, tu as choisi de mettre de côté la simulation qui t’était proposée en amont. Or, dans ce rapport réel à l’autre, la bienséance d’abord, la civilité ensuite, la légalité enfin, ne t’autorisent pas à franchir les limites de la décence et du respect. Cela a trait aux fameuses « Consignes de Sécurité et de Bienséance » que nous n’avons pas encore abordées, mais qu’il semble être grand temps d’introduire dans ce propos !

… Toutes les catégories peuvent être supprimées, « à l’exception des Consignes. »

Cher monsieur Tranché, tu touches là à un point sur lequel j’aimerai, sincèrement, viscéralement pouvoir un jour te donner pleinement raison.

Oui, j’aimerai me dire que le rappel des Consignes de Sécurité puisse un jour être superflu ou, tout du moins, purement formel. Mais cela n’arrivera pas de si tôt, et voici donc pourquoi :

Tout d’abord, il convient qu’une organisation rappelle les consignes de sécurités élémentaires, tant physiques que morales ou encore émotionnelles.

Par physiques, nous entendons, pour exemples non-exhaustifs, d’établir les limites du terrain, la présence des zones dangereuses, ou encore de veiller à la bonne utilisation des armes lorsqu’il y en a.

Par morale, nous entendons, pour exemples non-exhaustifs, de rappeler l’interdiction des comportements déplacés, de savoir arrêter une scène si elle met trop mal à l’aise, ou encore de savoir comment reprendre le jeu après une interruption (lorsque cela est possible).

Aucun livre de règle de sécurité ne liste tous les cas de figure, mon bon monsieur Troll. Déjà que ces documents ne sont pas toujours lus, autant les rendre les plus digestes possibles !

De ce fait, nous en revenons à la notion-mère : le choix du bon sens, lequel doit accompagner les actions de chacun(e). Ainsi, dans une formulation large de type : « N’entreprenez pas d’acrobaties ou d’escalade des lieux », cela engloberait tous les cas de figure possibles.

Troller, même un tout petit peu, c’est déjà troller quelque part.

Pour répondre tout de même à la remarque, il convient de penser qu’interrompre une scène dangereuse devrait être dans les attributions de tout le monde (PJ comme PNJ et Orgas)… puisque justement, la sécurité n’est pas une règle, mais une nécessité qui existe au-delà, et surtout en-dehors du cadre même du jeu.

Une gle peut être enfreinte. Pas une Consigne. D’où le fait que les Consignes ne puissent être enlevées d’un Coresyca.

Eh bien, vois-tu, monsieur Buté : si toi-même tu enfreins une règle du jeu, cela fera de toi un tricheur. On pourra s’en offusquer, ou choisir de fermer les yeux sur tes agissements. Nous aurons ce choix, car tu n’auras fait que causer du déplaisir de jeu à d’autres, qu’il s’agisse d’autres PJ & PNJ, ou des orgas qui seront, au mieux, conciliant(e)s, et au pire, irrités par ton manque de respect pour leur travail.

En revanche, si tu enfreins les Consignes de Sécurité et de Bienséance, tu te placeras immédiatement hors du cadre du jeu et tu tomberas sous le coup de la loi. Tu pousses volontairement un chevalier en armure dans un lac ? – Tentative d’homicide. Tu consommes de la drogue ? – Usage de stupéfiants. Tu commences à faire balader tes mains pour fouiller quelqu’un de façon trop prononcée ? – A minima : agression sexuelle. Tu commences à te battre pour de vrai parce que tu as trop bu ? – Agression sous l’emprise de l’alcool.

Or, enfreindre la loi, ce n’est pas une question de « simple désagrément » provoqué à l’encontre du GN en tant que jeu : c’est une faute, et ce n’est, surtout, pas une question qui mérite un débat. Evidemment, chaque situation litigieuse relevant de la loi doit être appréciée au cas par cas et selon les circonstances qui ont conduit à son existence. Mais il n’en reste pas moins qu’on ne peut rester sans réaction face à ce type d’agissements.

Si tu te fais sortir du jeu suite à ce genre de comportement, cela ne résultera pas d’une décision d’arbitrage, mais d’une décision prise par l’équipe responsable de l’événement et de son bon déroulement citoyen.

En cela, j’émettais plus haut que je rêvais moi-même qu’un jour, les Consignes de Sécurité et de Bienséance soient superflues ; qu’elles ne soient utiles à être rappelées que de façon formelle ; que les personnes soient toutes responsables et raisonnées par elles-mêmes ; que par la seule force de l’éducation de chacun(e), la violence, le harcèlement, les comportements déplacés n’existassent plus  ; que les décisions et actions de chacun(e)s soient accompagnées de bon sens, de respect et d’empathie – au-delà du rôle de grand(e) méchant(e) que chacun(e) peut être amené(e) à incarner ; qu’enfin les irréductibles mauvais comportements comprennent d’eux-même que leur place n’est pas au sein du jeu en Grandeur Nature, là où se partagent tant d’émotions et de scènes riches en intensités, et que ces éléments toxiques et nuisibles s’abstiennent d’eux-même de venir sur ce type de manifestation.

Très juste, monsieur Tranché : du travail en plus pour les orgas, de la lecture en plus pour les PJ, et des justifications supplémentaires à apporter de la part de celles et ceux qui suent café et eau pour préparer un GN, cela fait trois bonnes raisons d’oublier le Coresyca et de le circonscrire au seul champ de la théorie.

Toutefois, le Coresyca jouit d’un avantage considérable : il peut être rendu public… ou demeurer à la seule discrétion des orgas !

C’est ce qui s’est produit pour Sunthesis Expérience « Seconde Epoque » : le détail du Coresyca n’a pas été annoncé en tant que tel. Les orgas se sont contentés de présenter les Consignes de Sécurité et de Bienséance, ainsi que les Systèmes de jeu de ce GN. Ces mêmes orgas ont également choisi de ne pas inclure de gles du jeu, et les participant(e)s furent simplement informé(e)s de cette décision – ce qui n’a pas constitué un document en soi… puisque, justement, il n’y avait pas de gles du jeu !

Enfin, les Capacités ne furent pas annoncées non plus, les orgas ayant considéré qu’elles ne concernaient qu’un nombre trop restreint de personnages pour mériter qu’on leur consacre un document supplémentaire.

Autrement dit : aux traditionnels « Livrets de Règles de Sécurité » et « Livret de Règles du Jeu », se sont substitués d’autres documents : Les Consignes de Sécurités et de Bienséance, ainsi que les six Systèmes de règles optionnelles – accessibles en liens ci-dessus.

Il existe, cher monsieur Buté, des façons simples de pallier cela.

Pour commencer, on peut considérer cet article comme le tutoriel explicatif de base du Coresyca. Inutile donc de le recopier de A à Z : un simple lien permettra d’y renvoyer vos participant(e)s pour lecture.

Ensuite, les avantages du Coresyca sont indéniables : pour exemple, les orgas désirant créer un jeu basé sur des règles et sur leur équilibrage peuvent se servir de cette catégorisation qui distingue les gles, les Systèmes et les Capacités.

Extrêmement utile, par exemple, pour répertorier le nombre d’actions à faire « valider par des orgas ». La question de la disponiblité des orgas étant un sujet récurrent, la mise au point de votre Coresyca vous permettra d’établir avec une grande précision combien de personnages vous devez vous attendre à recevoir au PC orga, et donc, quelle quantité de temps les orgas devront consacrer à tenir un siège dans ce haut lieu stratégique des GN.

Autre exemple : celui de la sélection des informations à transmettre. La quantité d’informations à lire doit être réduite afin d’être rendue digeste. Un Coresyca vous permet d’établir ce que vous voulez mettre en avant, c’est-à-dire ce qui vous apparaît comme primordial dans le cadre de votre jeu. Ainsi, si votre GN est organisé selon certains concepts (jeu hard, jeu survivaliste, jeu réaliste et/ou émotionnellement difficile, jeu basé sur des règles et interactions de gamplay complexes et/ou subtiles), vous pouvez sélectionner avec précision ce qui doit être connu de tout le monde, ce qui peut être découvert durant le jeu, ce qui peut rester à la discrétion des orgas… etc.

Vous irez ainsi à l’essentiel dans vos rédactions et, mieux encore, vous vous économiserez sûrement des pages et des pages de textes qui ne seront probablement jamais lues !

Autre exemple encore : celui du désamorçage des « hurlements au loup ». En ayant connaissance de l’existence de votre Coresyca – et donc, en ayant connaissance des informations que les orgas révèlent et ne révèlent pas de façon volontaire – vos PJ seront bien moins sujet(te)s à hurler au loup ou à la triche s’ils ou elles tombent sur des effets et/ou des capacités de personnages qu’ils ou elles ne connaissaient pas au début du GN – soit parce qu’ils ou elles n’avaient pas pris le temps de les lire, soit parce que, en amont, ces effets n’étaient pas mis à disposition des participant(e)s par les orgas.

Hélas, les orgas seul(e)s peuvent savoir dans quel « case » ranger telle ou telle Capacité – ou Système, ou gle commune. Il existe trop de variantes, trop d’inventivité, trop d’idées nouvelles sur chaque GN, pour pouvoir en rendre compte dans un tableau. Et puis, à quoi cela rimerait-il, que d’enfermer les idées de chacun(e) dans un carcan ?

A ceci près, monsieur Troll, que le Coresyca existe intrinsèquement dans toute conception de GN.

Faire le choix de ne pas s’embarrasser avec des gles, ou des Systèmes, ou des Capacités, c’est déjà faire un choix au sujet du Coresyca.

Il se trouve simplement qu’on ne met pas toujours de mots sur les réalités du découpage de son propre Coresyca, ou qu’on lui préfère parfois d’autres appellations pour rendre compte de ses différentes catégories.

En résumé autant qu’en conclusion : en chaque conception de GN, un Coresyca sommeille.

Essayez-le donc, vous m’en direz des nouvelles !

S.


Rappel des Définitions

Coresyca : Appellation plus esthétique du terme CoRèSyCa, lui-même acronyme de Consignes, gles, Systèmes et Capacités.

Consignes : Regroupe les Consignes de Sécurité et de Bienséance. Chaque équipe d’orgas peut choisir de mettre en avant certains points plutôt que d’autres. Toutefois, les points présentés dans ce document, ainsi que tous les aspects intrinsèquement liés à la sécurité physique, émotionnelle et à la bienséance, ont pour particularité de tous appartenir au domaine de la loi. Ils ne peuvent pas être enfreints impunément.

Règles (du jeu) : Règles de jeu communes à l’ensemble des participant(e)s. Elles doivent théoriquement être connues de chacun(e) avant le début du jeu. Enfreindre les gles du jeu communes s’expose à tricher. Contrairement à la sécurité et à la bienveillance, la triche peut être soumise ou non à l’appréciation des orgas, considérés alors comme les arbitres du jeu qu’ils organisent et régulent. Un(e) tricheuse/eur peut être sanctionné(e), ou ne pas l’être.

Systèmes : Règles de jeu optionnelles pouvant être connues de chacun(e) des participant(e)s pour un GN donné. Les connaître et les appliquer permet en général d’apporter un gameplay, tout au moins une forme de jeu supplémentaire aux PJ concerné(e)s par son utilisation. Ne pas connaître ces règles de jeu optionnelles n’empêche pas de jouer, ni ne place les PJ ignorant ces règles dans une situation de tricherie.

Capacités : Règles de jeu optionnelles ou obligatoires, connues par tout ou partie des participant(e)s au GN. Au sein du Coresyca, la différence entre une Capacité et une gle tient au fait que les effets de la Capacité n’ont pas besoin d’être connus d’autres personnages pour que la Capacité puisse tout de même être employée durant le jeu.